Les défenses offensives

« J’ai toujours professé que l’avocat politique devait être totalement engagé aux côtés des militants qu’il défend. Partisan sans restriction avec, comme armes, la connaissance du droit « ennemi », le pouvoir de déjouer les pièges de l’accusation, etc. (…) Les règles d’or des procès de principe : s’adresser, par-dessus la tête des magistrats, à l’opinion publique tout entière, au pays. Pour cela, organiser une démonstration de synthèse, dépasser les faits eux-mêmes, faire le procès d’une loi, d’un système, d’une politique. Transformer les débats en tribune publique.»1

Les poursuites judiciaires à l’encontre des activistes sont généralement un moyen pour réprimer leur contestation manifeste et pour les condamner au silence par la sanction des uns et l’intimidation des autres, tout en délégitimant leur cause devant la société. Mais un procès peut aussi être un moyen de briser le silence sur un sujet. La maîtrise des outils juridiques, des rapports de forces et de la communication peut permettre de déplacer le débat judiciaire pour permettre d’accuser l’accusateur et d’utiliser le tribunal comme une tribune pour s’adresser à l’opinion et au pouvoir politique. De nombreux militants eurent recours à ce « ju-jitsu politique ». Parmi eux les militants du FLN algérien : ils adoptèrent une ligne de défense offensive qui opposa aux accusations de terrorisme la dénonciation des tortures militaires et des crimes coloniaux, et qui mobilisa les opinions française et internationale et modifia la situation politique.

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